La maintenance et la gestion des risques sont les deux faces d’une même pièce. Le cas PG&E le démontre de manière inequivoque : quand la maintenance est négligée, le risque ne disparaît pas. Il s’accumule. Silencieusement. Jusqu’à devenir irréversible.

Une entreprise centenaire, une erreur fatale
Pacific Gas and Electric Company — PG&E — est l’une des plus grandes entreprises énergétiques des États-Unis. Fondée en 1905, elle fournissait des millions de Californiens en électricité et en gaz naturel. Pourtant, en janvier 2019, elle a déposé son bilan. Pas par manque de clients. Pas à cause d’un effondrement du marché. À cause d’un programme de maintenance inexistant.
Ce qui s’est passé
Entre 2015 et 2018, les infrastructures électriques de PG&E ont provoqué une série d’incendies dévastateurs en Californie. Le plus grave — le “Camp Fire” de novembre 2018 — a détruit la ville de Paradise, causant 85 victimes et brûlant plus de 18 000 bâtiments. C’est l’incendie le plus meurtrier de l’histoire de la Californie.
Les enquêtes ont établi une responsabilité claire : PG&E ne disposait pas d’un programme efficace d’inspection et de maintenance de ses lignes électriques. Câbles usés, infrastructures obsolètes, contrôles sautés. Les signaux de risque existaient. Ils étaient documentés. Et ils ont été ignorés pendant des années.
Le coût de l’inaction
Écrasée par des demandes d’indemnisation estimées à environ 30 milliards de dollars, PG&E a déposé son bilan en janvier 2019 — devenant le premier cas dans l’histoire américaine d’une entreprise déclarée pénalement responsable pour un incendie criminel.
Le coût de la maintenance préventive qui n’a pas été réalisée ? Une fraction de cette somme.
La leçon pour chaque entreprise
Le cas PG&E ne concerne pas uniquement le secteur énergétique. Il concerne chaque organisation qui gère des infrastructures, des machines ou des installations.
La maintenance n’est pas un coût opérationnel à optimiser. C’est un dispositif de sécurité. Quand elle est négligée — pour des raisons économiques, organisationnelles ou simplement par habitude — le risque s’accumule silencieusement. Jusqu’au point de rupture.
Une inspection sautée n’est pas une économie. C’est un risque transféré au futur.
Conclusion
PG&E avait les moyens, les ressources et les compétences pour prévenir ces catastrophes. Ce qui manquait, c’était une culture de la maintenance comme outil de gestion des risques — et non comme poste de coût à réduire.
La prévention ne se voit pas quand elle fonctionne. Elle ne se voit que quand elle n’a pas eu lieu.
